Présence accrue de renards arctiques sur la Côte-Nord

Les renards arctiques se font plus nombreux sur la Côte-Nord cet hiver. La population est appelée à faire preuve de prudence en raison des risques d’infection à la rage.
Une abondance de cette espèce dans les régions nordiques du Québec, hors de sa zone de répartition habituelle, a été observée, indique le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Des renards arctiques ont notamment été vus en Minganie au cours des dernières semaines, un fait très rare
, a affirmé Sandra Heppell, biologiste pour ce ministère, au micro de Bonjour la Côte vendredi. Ces animaux se trouvent habituellement dans le Nord-du-Québec et dans la toundra, a-t-elle rappelé.
Leur présence occasionnelle à des latitudes plus basses suit un cycle naturel, bien qu’il soit inusité d’en observer aussi loin au sud, selon la biologiste.
C’est associé au cycle d’abondance du renard arctique, qui fluctue beaucoup d'une année à l’autre
, a expliqué Mme Heppell. Ça va être associé à l'abondance de sa principale proie qu'est le lemming.
La population de lemmings, une autre espèce qui connaît des fluctuations importantes, a fortement augmenté, d'après Sandra Heppell. Les renards ont alors de plus grosses portées, les renardeaux survivent en plus grand nombre à l’hiver et l’espèce étend son territoire à la recherche de plus de nourriture.
D’autres espèces nordiques connaissent des cycles d’abondance qui influencent la population des renards nordiques. Le lagopède des saules, notamment, a migré beaucoup plus au sud cet hiver.
Porteurs de la rage
Le renard arctique est en général moins méfiant que son cousin roux, selon Sandra Heppell. C'est un animal qu'on a plus de chances d'observer près des habitations, près des installations humaines.
Mais attention : cette espèce peut être porteuse d’un des trois variants de la rage qu’on trouve au Québec, un virus mortel transmissible aux humains et aux animaux. Il faut prendre plusieurs précautions pour éviter d’être mordu ou griffé, a indiqué la biologiste.
Elle a rappelé qu'il ne faut jamais tenter de flatter ou de nourrir les renards, qu'il faut entreposer les déchets dans des contenants fermés et qu'il ne faut pas nourrir les animaux domestiques à l’extérieur.
En cas de morsure, elle conseille de laver la plaie à grande eau et avec du savon pendant dix à quinze minutes et d’obtenir immédiatement des soins médicaux.
D'après une entrevue réalisée par Mathieu Pineau
Advertising by Adpathway




